Chaque année, plus de 150 000 professionnels de santé se forment via des modules en ligne dans le cadre du développement professionnel continu (DPC). Ce modèle, plébiscité pour sa souplesse et son accessibilité, est aujourd’hui gravement menacé.
L’Union nationale du e-learning en santé (UNES), qui rassemble des acteurs de la formation continue en ligne, alerte sur la décision brutale prise par l’Agence nationale du DPC (ANDPC) : une réduction de plus de 50 % des financements alloués aux formations distancielles d’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) et aux programmes intégrés (PI) à compter de 2026.
Cette décision, annoncée sans concertation, intervient alors même que le budget global de l’ANDPC a été reconduit dans le cadre du PLFSS. Elle fragilise un secteur essentiel à la montée en compétence des soignants, et met en péril la continuité de l’offre de formation dans de nombreuses spécialités.
Le e-learning en santé s’est imposé ces dernières années comme un outil indispensable pour répondre aux besoins des professionnels en zones sous-dotées, en exercice libéral isolé, à temps partiel ou à horaires contraints. Il garantit une traçabilité complète, une exigence pédagogique élevée, et un accès équitable à la formation, partout sur le territoire.
L’annonce de l’ANDPC envoie un signal incompréhensible à quelques semaines du changement d’année :
– les acteurs n’ont pas été associés à la décision,
– les structures sont placées dans une insécurité budgétaire totale,
– des milliers de soignants pourraient se retrouver sans offre adaptée à partir de janvier.
Face à la gravité de la situation, l’UNES appelle Madame la Ministre de la Santé, Stéphanie Rist, à suspendre sans délai l’application des nouvelles modalités de prise en charge publiées par l’ANDPC.
Compte tenu de la période d’instabilité institutionnelle ouverte par l’annonce de la fin de l’Agence, et dans l’attente d’un dialogue structuré avec la future direction préfiguratrice, nous demandons un retour aux modalités de prise en charge de 2025, seules à même de garantir :
- la continuité de l’offre de formation dès le 1er janvier 2026 ;
- la stabilité économique des acteurs engagés dans le développement professionnel continu ;
- l’égalité d’accès à la formation pour l’ensemble des professionnels de santé, quel que soit leur lieu ou mode d’exercice.
Le e-learning est aujourd’hui une modalité reconnue, traçable, rigoureuse et adaptée aux réalités de terrain. Le fragiliser, c’est affaiblir l’accès même à la formation continue pour une part significative des soignants. Il ne saurait être sacrifié sur l’autel d’ajustements budgétaires arbitraires.
Si des ajustements doivent être réalisés dans un contexte budgétaire contraint, ils doivent l’être dans le respect du principe d’équité entre tous les formats de formation. Cibler un seul canal, en particulier le e-learning, revient à affaiblir tout l’écosystème au détriment des professionnels les plus éloignés de l’offre présentielle.
L’UNES se tient à la disposition de la DGOS et de la direction de l’ANDPC pour participer à une réunion de travail urgente, et contribuer de manière constructive à la définition d’un cadre concerté et soutenable pour 2026.
Pour toute demande presse, merci de contacter Béchir Saket de l’agence Reform Paris – bechir@reform.paris
